Le financement des énergies vertes 

Le financement des énergies vertes  Source : creditagricole.info En progression constante, les énergies renouvelables gagnent peu à peu du terrain sur le chemin de la transition énergétique. Le Crédit Agricole accompagne, au cœur des territoires, de nombreux projets verts. Les énergies renouvelables (EnR) ont le vent en poupe. Poussées par l’objectif ambitieux de la loi de transition énergétique de 2015 visant à porter leur part à 32 % dans la consommation électrique d’ici à 2030, elles ne cessent de gagner du terrain. Soleil, vent, courants d’eau, déchets agricoles, chaleur des sols… Les énergies vertes recourent à des ressources naturelles non épuisables et jouent la carte de la diversité. En tête de liste : le secteur hydraulique. Historique, il couvre plus de la moitié de la production électrique, mais concentre peu de nouveaux projets. De nouvelles sources d’énergies renouvelables apparues au début des années 2000 suscitent plus d’initiatives et d’innovations, comme la biomasse utilisée par combustion de matières organiques ou la méthanisation. La géothermie, elle, consiste à exploiter la chaleur des sous-sols de la Terre. Elle reste encore confidentielle, bien que différents projets, comme à Strasbourg, offrent un réel potentiel. C’est actuellement vers l’éolien et le solaire que se portent tous les espoirs de croissance du secteur. A eux seuls, ils concentrent plus de 94 % des nouvelles capacités installées, notamment dans les Hauts-de-France, dans le Grand Est et en Occitanie. Faire baisser le bilan carbone Quelle que soit leur forme, toutes les EnR ont un potentiel commun : faire baisser le bilan carbone pour lutter contre le réchauffement climatique. « Elles sont aussi un formidable levier de croissance économique au cœur des territoires », souligne Christine Delamarre, directrice générale d’Unifergie, la filiale dédiée aux projets relatifs à l'énergie et à l'environnement de Crédit Agricole Leasing & Factoring. « Les Caisses accompagnent tous types d’initiatives, du projet de méthanisation d’un agriculteur au financement d’un parc d’éoliennes. Unifergie intervient pour sa part sur les plus gros dossiers, en mutualisant si besoin différentes entités du groupe, comme la Caisse du client et les Caisses où sont implantés les projets », précise-t-elle. Récemment, FEIH (Futures énergies investissement holding), filiale commune d’Engie et de Crédit Agricole Assurances, a choisi Unifergie comme arrangeur et agent du financement d’un portefeuille de cinq parcs éoliens et d’une centrale photovoltaïque. CA L&F participe également à l'opération,  accompagné en syndication par les Caisses régionales d'Aquitaine, de la Touraine et du Poitou, de Normandie-Seine et du Finistère ainsi que par LCL. Avec cette opération, FEIH détiendra plus de 1,3 GW de parcs éoliens et solaires à fin 2018, triplant ainsi son portefeuille en cinq ans. Cette transaction renforce le rôle du Crédit Agricole dans le financement de la transition énergétique et illustre sa capacité à créer des synergies au sein du groupe, avec l’engagement d’être un des principaux financeurs des énergies renouvelables en France. D'autres entités du groupe, comme Amundi ou CA CIB, sont des acteurs reconnus dans la finance verte. Le Crédit Agricole confirme notamment son engagement dans le financement des EnR via les Green social and Sustainability bonds (obligations vertes), dont CA CIB, la banque d’investissement du Crédit Agricole, est le leader mondial.   Refinancement stratégique pour Valorem Installée en région bordelaise, Valorem – à l’origine un bureau d’études créé en 1994 – s’est positionné, en quelques années, comme l’un des principaux producteurs indépendants d’énergies renouvelables en France, éolien, hydroélectrique et photovoltaïque. Le groupe vient de mener une vaste opération de refinancement stratégique de son portefeuille historique de 12 parcs éoliens, qui totalisent 145 MW et représentent une production annuelle de 360 GWh. « Cette opération visait à redessiner l’économie du portefeuille de manière globale, en tenant compte des réalités d’exploitation et en mutualisant les risques afin de lui apporter la stabilité nécessaire », explique Tristan Maes, responsable des financements de projets du groupe Valorem. Partenaire clé dans l’opération, Unifergie a joué, au sein du pool bancaire, le rôle de co-arrangeur du refinancement d’un montant de 180 millions d’euros. La Caisse régionale de Crédit Agricole d’Aquitaine, a participé à l’opération. Fort de ses 200 collaborateurs, le groupe, poursuit sa croissance et démarre dans les prochains mois les travaux de son nouveau siège social à Euratlantique à Bègles.   Des hangars agricoles solaires En Isère, la société Cap Sud s’est, quant à elle, spécialisée depuis 2006 dans l’installation et la maintenance de centrales photovoltaïques, et en particulier de hangars agricoles solaires d’une puissance maximale de 100 kWc (unité de puissance photovoltaïque). Elle est leader sur ce segment en France. En fort développement, Cap Sud vient de réaliser une levée de fonds de 15,2 millions d’euros, à laquelle le Crédit Agricole Sud Rhône Alpes a participé à hauteur de 51 %, tout en étant arrangeur de l’opération. Le but ? Conserver un portefeuille français de centrales photovoltaïques d’une puissance totale de 11 MW en accélérant son développement dans l’Hexagone et à l’étranger. « Dans un marché mondial très dynamique, notre entreprise a besoin de solidifier ses bases en France pour pouvoir se déployer à l’export. En moins de deux ans, nous avons pu exporter notre savoir-faire au Brésil, à Madagascar et aux Etats-Unis à travers plusieurs projets de centrales en cours de construction », précise Stéphane Gilli, président directeur général de Cap Sud. Cette nouvelle opération financière appuie la forte ambition du groupe qui compte à ce jour une cinquantaine de collaborateurs et prévoit d’en recruter 35 autres courant 2018. Eolien offshore en Finistère C’est dans une toute autre cour, celle des start-up innovantes, que joue Eolink. Cette jeune pousse implantée à Brest développe depuis 2015 un ambitieux projet d’éoliennes offshore d’une puissance de 12 MW. Contrairement aux éoliennes offshore déjà existantes en mer du Nord et utilisant sur un mât unique, les éoliennes d’Eolink reposent sur une architecture pyramidale afin « d’assurer une meilleure résistance ». La start-up, qui compte sept employés, a bénéficié en 2017 d’une levée de fonds de 1 million d’euros pour développer son projet. Plusieurs partenaires ont été de la partie, dont Force 29, le fonds d’investissement de la Caisse régionale de Crédit Agricole du Finistère. L’investissement a permis à Eolink de développer son nouveau prototype d’éolienne à échelle 1/10e, soit 22 mètres de haut. Fixée au fond de l’eau par des lignes d’ancrage, elle sera installée en mer dans la rade de Brest avant l’été, avec le soutien d’Ifremer. « Ensuite, si tout va bien, nous passerons à l’échelle trois quart, puis à taille réelle vers 2021 et espérons un développement commercial à horizon 2024-2025 », estime Marc Guyot. Et de conclure : « L’éolien offshore a un grand potentiel devant lui. Bloomberg prévoit d’ailleurs une croissance de 16 % pour les dix prochaines années. L’éolien flottant en France pourrait produire autant que l’ensemble du parc électronucléaire actuel. »