La France associative en mouvement 

Source : creditagricole.info Sport, culture, loisirs, caritatif... Quel que soit leur domaine, les associations insufflent une forte dynamique économique et sociale aux territoires. Le Crédit Agricole les accompagne de manière historique dans tous leurs enjeux, locaux et nationaux. Zoom sur certaines d’entre elles. Dans la France de 2018, comment imaginer se passer d’associations ? Elles sont partout, du club sportif de quartier, au réseau des anciens de l’école, en passant par l’association caritative ou gestionnaire de l’Ehpad… Créée par la loi de 1901, la forme associative permet à des personnes de se regrouper autour d’une activité commune dans un but non lucratif. Avec 1,3 million d’associations aujourd’hui, la formule rencontre un succès croissant. Elles sont omniprésentes dans le sport, la culture, les loisirs, le médico-social, l’hébergement, l’enseignement, le caritatif, l'humanitaire… Particulièrement actif en termes d’innovation sociale, le secteur représente, on ne le sait pas toujours, un enjeu économique fort. Les associations pèsent pour 3,2 % dans le PIB et sont l’un des premiers employeurs privés avec un salarié sur huit. Fortes de leur impact, elles sont cependant à un tournant de leur existence. Une professionnalisation du secteur Le secteur est en mutation avec de nombreux regroupements depuis plusieurs années, notamment sous l’effet de la baisse des subventions publiques », explique Véronique Lofaso, responsable du Secteur public et de l’Économie sociale à Crédit Agricole SA (Casa). « Du fait que l’État privilégie de plus en plus les appels d’offres, les associations doivent s’adapter et se professionnaliser pour y répondre. De plus, elles cherchent de nouveaux modes de financement, en organisant des événements, en vendant des prestations, en faisant appel au mécénat ou au financement participatif. Comme des entreprises, elles doivent optimiser et gérer leur budget, communiquer, se digitaliser, ce qui les amènent à se professionnaliser et à mutualiser certaines activités », poursuit-elle. Présent au cœur des territoires, le Crédit Agricole accompagne de manière historique les associations, avec plus de 400 000 clients dans l’Hexagone. « Les Caisses régionales sont à leurs côtés pour les soutenir à tous les niveaux, à la fois localement par des aides parfois très pragmatiques et logistiques de terrain, mais aussi pour accompagner les structures plus importantes comme les Ehpad dans leurs besoins de financement et d’investissement », souligne Véronique Lofaso.   En Martinique, Franche-Comté, Alpes Provence ou à Paris, petit tour d’horizon de quelques associations qui font bouger les territoires. La Croix-Rouge au plus près du territoire martiniquais Secourisme, action sociale, formation, éducation… Fondée à la fin du XIXe siècle, la Croix-Rouge jouit d’une exceptionnelle longévité. En 2012, soucieuse d’apporter son aide au plus près des populations vulnérables, l’association caritative a développé un dispositif itinérant « sur roues », avec une camionnette sillonnant les zones reculées les moins bien desservies par les services sanitaires et sociaux. Ayant constaté son efficacité dans plusieurs départements métropolitains, la Martinique va se doter elle aussi d’un tel dispositif. « Il a toute sa raison d’être sur notre île car les services sont concentrés au centre, autour de Fort-de-France et du Lamentin. En dehors de ces zones, beaucoup d’habitants sont très isolés et ont de grandes difficultés pour accéder aux aides », rapporte Jonathan Louis Sidney, président de la Caisse locale de Fort-de-France Sud du Crédit Agricole de Martinique-Guyane co-financeur de ce camion itinérant, aux côtés de Crédit Agricole Solidarité et Développement. Mise en service en septembre, la Croix-Rouge sur roues comprend une équipe de 14 bénévoles prêts à sillonner les zones rurales pour proposer une aide alimentaire, vestimentaire, administrative, juridique, sanitaire et sociale aux personnes en difficulté. Muriel Hurtis : l'ancienne championne au plus près des associations Ancienne championne d’athlétisme, Muriel Hurtis transmet sa passion du sport aux jeunes de la région Alpes Provence. Depuis 2016, celle qui fut, entre autres, médaillée de bronze à Athènes au 4 x 100 m, est chargée des relations avec les associations au sein de la Caisse régionale Alpes Provence. Club de rugby des Alpilles, Cercle des nageurs de Marseille, club de judo de Fos, Gap Handball… une trentaine d’associations sportives bénéficient ainsi d’un sponsoring sur mesure. « Le dépassement de soi, le respect de l’autre, le savoir vivre ensemble, le partage et la solidarité, m’ont portée au cours de ma carrière de sportive de haut niveau. C’est tout cet esprit du sport, avec ses valeurs de vie, que je tends à transmettre à ces jeunes, futurs hommes et femmes de demain », confie Muriel Hurtis. Animations, démonstrations et événements sportifs, mais aussi conférences autour de l’alimentation ou de la gestion du stress, Muriel Hurtis se rend disponible à toutes les questions, « nombreuses, curieuses et pertinentes » des jeunes sportifs. « Pour moi, ce qui compte avant tout, c’est de vivre de grands moments d’échange et de transmission avec eux », conclut la championne. Une école-entreprise de métallurgie à Besançon Former des jeunes aux métiers de la métallurgie pour leur garantir à la sortie un emploi : c’est le défi innovant de l’association « École de production » de Besançon, ouverte fin 2017. Huit jeunes ont d’ores et déjà intégré ce cursus préparant au CAP de conducteur d’installation de production et au Bac pro Technicien d’usinage. « La formation, très pratique, s’adresse aux jeunes à partir de 15 ans ne se retrouvant ni dans la voie générale, ni dans l’apprentissage. Ils apprennent à fabriquer des pièces pour le compte d’entreprises régionales, en recherche de tels profils manquant cruellement à la filière », explique Alexis Guilmain, son directeur. Et de préciser : « L’accompagnement est également humain :, c’est sur cet aspect que repose notre réussite. Le maître d’apprentissage est aussi un éducateur qui guide le jeune dans ses problèmes familiaux et sociaux. » Deuxième école de ce genre en région Franche-Comté, l’École de production de Besançon est accompagnée, entre autres, par la Caisse régionale de Franche-Comté, son banquier. Il existe actuellement une vingtaine de ces associations en France, fondées dans les années 90 et soutenues par les organisations patronales. Encouragées activement par le gouvernement, 75 nouvelles écoles de production devraient ouvrir d’ici à dix ans. Clindiag : faciliter la communication santé avec les migrants Expérimental et innovant : Clindiag promet d’apporter une petite révolution dans la prise en charge santé des migrants, dès le centre d’hébergement. Mené sous l’égide du Réseau associatif Osmose, en partenariat avec l’APHP de l’hôpital Béclère de Clamart, et soutenu par la Fondation Crédit Agricole Solidarité et Développement, cet outil, sous forme de tablette numérique, assurera une traduction simultanée dans les échanges entre migrants et professionnels de santé. « L’idée est venue de développer un tel projet face aux difficultés de se faire comprendre pour des instructions aussi simples que comment se doucher pour se désinfecter avant une intervention chirurgicale ou bloquer sa respiration lors d’un examen radiologique. Jusqu’alors, il fallait utiliser le dessin, le mime ou parfois trouver quelqu’un qui puisse assurer la traduction… Une grande inégalité dans la qualité de la prise en charge ! », explique le professeur de médecine François Boué, président du Réseau Osmose. En phase de développement technique, l’outil va être testé d’ici quelques mois avec différentes langues : pachtoun, arabe soudanais et arabe maghrebin. « Nous avons fait appel pour nous accompagner à Voxpass, start-up spécialisée dans la traduction simultanée et un protocole scientifique permettra d’en évaluer la capacité opérationnelle en mileu soignant en 2020 », précise le Dr Marie-Hélène Metzger, responsable scientifique de Clindiag.